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« Solutions locales pour un désordre global » : bravos et sifflets sur la Coline (Serreau)

Le nouveau documentaire de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global (dans les salles le 7 avril), délivre un message puissant et salutaire : face à la crise écologique planétaire, des solutions existent.

Ces alternatives, ce sont avant tout l’agriculture biologique et la relocalisation de l’économie.

Réalisatrice de talent, Coline Serreau appuie sa démonstration sur une série d’exemples qui nous emmènent du Brésil à l’Inde, sans oublier la France avec les AMAP (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne).

Sa thèse est étayée par des interviews de “sages” comme Pierre Rabhi ou Philippe Desbrosses, que l’on écoute toujours avec intérêt et plaisir.
Hélas, ce film globalement excellent est “pollué” par quelques propos outranciers qui risquent de diminuer sa crédibilité d’ensemble. Dès le début, Dominique Guillet, de l’association Kokopelli (qui mène au demeurant une action d’intérêt public pour la diffusion des semences de variétés anciennes de végétaux), nous explique gravement que les deux guerres mondiales ont été organisées pour éradiquer la paysannerie européenne et assurer l’essor des industries des engrais et des pesticides, dont les produits sont dérivés des gaz de combat et autres technologies militaires.

On retrouve le même type de vision complotiste plus tard dans le film, lorsqu’on nous serine sans rire que les agro-carburants auraient été développés dans le seul but de “tuer les pauvres”.

Tout au long de son film, et notamment à travers les interventions de l’écologiste indienne Vandana Shiva, Coline Serreau développe aussi une mise en accusation du “patriarcat” comme responsable de la crise actuelle. Les femmes sont ainsi célébrées comme les inventrices de l’agriculture, avant que les hommes ne viennent tout gâcher avec leur goût coupable pour la technique et l’industrie. Aucun élément précis ne vient étayer cette thèse “éco-féministe profonde”.
Sans se prononcer sur le fond, on peut s’étonner en tout cas que Coline Serreau, féministe historique, dénonce à juste titre les atteintes que la société industrielle fait porter à la liberté des femmes, sans jamais dire un mot contre les intégrismes religieux, qui les cloîtrent, les voilent et les lapident…
En dépit de ces réserves, Solutions locales pour un désordre global est un film à aller voir sans hésiter… et après lequel on peut aller plus loin dans l’action sur le site internet qui le prolonge (cliquez ici).

Vos critiques sur cette critique sont les bienvenues !

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Une Réponse à '« Solutions locales pour un désordre global » : bravos et sifflets sur la Coline (Serreau)'

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  1. Javi a dit,

    Ce film m’a beaucoup marquée et plu. Je pense que tout le monde devrait le voir, et si je suis d’accord la partie positive de votre commentaire, je suis choquée de l’accusation d’être complotiste que vous portez sur les thèses évoquées dans le film concernant la relation industrie-agriculture.
    Soit vous n’avez pas compris le propos, soit vous êtes de mauvaise foi et vous déformez délibérément ce qui est dit par les interventions dans le film.

    Il n’est pas dit que la guerre a été menée pour les éradiquer la paysannerie et assurer l’essor industriel. Ce n’est pas cela qui est dit. Mais la guerre a servi et permis de réaliser ces deux choses. Vous inversez la causalité. Pourtant, ces deux faits sont difficiles à contester.

    Idem, pour les agro-carburants, l’intention n’est pas de “tuer les pauvres”, mais ça aboutit à ça, dans certains cas. Ou plutôt, à les détourner des productions vivrières, à détruire l’écosystème, à exproprier des indigènes etc.

    Bref, la théorie du complot n’est pas dans le film, mais dans votre compréhension. Enfin, sur le féminisme, le film ne parle pas de religion, mais du problème universel de l’écologie, de la sauvegarde de la planète. Donc l’opression des femmes n’y est pas abordée sous son versant religieux, que Coline Serreau dénonce par ailleurs, dans ses combats, sans doute. Elle n’est pas tenue de tenir un quelconque discours à ce sujet, dans ce film en particulier. Je vous accorde que la démonstration des thèses de l’écoféminisme profond n’est pas présente dans le film. Cependant, il ne s’agit pas de liberté des femmes mise à mal par les sociétés industrielles. Il s’agit de violences à l’égard des femmes et de la nature, qui vont de pair, et les exemples qui illustrent cela sont donnés par Claude Bourguignon, Vandana Shiva et d’autres. Or, il est connu que les femmes sont assimilées à la nature dans nos schémas culturels, par rapport à l’homme associé à la culture, et que le contrôle du corps des femmes est un enjeu de pouvoir dans les sociétés patriarcales, dont la nôtre, au même titre que le contrôle de la nature. Et si vous cherchez des éléments de la démonstration, je vous recommande la lecture de Mathieu Calame, sur une agronomie pour le 21e siècle, qui fait la critique des philosophies du 18e qui ont fondé ce rapport de maîtrise de de la nature, sur lequel nous vivons encore, et qui nous amène à l’impasse écologique actuelle.

    En tous cas, merci pour votre article qui recommande tout de même d’aller voir le film et qui m’a fait réagir


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